Guide › Le système scolaire suisse expliqué aux familles étrangères

Le système scolaire suisse expliqué aux familles étrangères

En Suisse, l'école ne dépend pas de l'État fédéral mais des vingt-six cantons. C'est la première chose à comprendre, et celle qui surprend le plus : il n'existe pas un système scolaire suisse, il en existe vingt-six.

Onze ans obligatoires, gratuits, dès quatre ans

La scolarité obligatoire dure onze ans et elle est gratuite dans les écoles publiques. Les enfants y entrent en général à quatre ans révolus, avec le 31 juillet comme date de référence dans la majorité des cantons : un enfant qui a quatre ans le 30 juillet entre à l'école en août, celui qui les a le 2 août attend un an.

Ces onze années se répartissent en huit ans de degré primaire — les deux premières correspondant à ce que d'autres pays appellent la maternelle — puis trois ans de degré secondaire I. Le Tessin fait exception, avec sept ans de primaire et quatre de secondaire I.

Ce qui suit — gymnase, école de culture générale, apprentissage — s'appelle le degré secondaire II et ne fait plus partie de la scolarité obligatoire.

Vingt-six systèmes, trois plans d'études

L'article 62 de la Constitution fédérale est sans ambiguïté : « L'instruction publique est du ressort des cantons ». La Confédération ne fixe que le début de l'année scolaire et n'intervient au-delà que si la coordination entre cantons échoue.

Concrètement, les cantons établissent les plans d'études, les horaires et les moyens d'enseignement ; les communes gèrent l'administration des écoles. L'harmonisation existe, mais elle est régionale et non nationale : le Plan d'études romand en Suisse francophone, le Lehrplan 21 dans les cantons germanophones, le Piano di studio au Tessin.

Pour une famille, cela signifie que déménager de Genève à Zurich, ou même de Genève à Lausanne, n'est pas un simple changement d'adresse. Les années ne portent pas les mêmes noms, la sélection à l'entrée du secondaire I n'obéit pas aux mêmes règles, et les vacances ne tombent pas aux mêmes dates — dans le canton de Zurich, seules la rentrée et les vacances de Noël sont fixées pour tout le canton, les communes décidant du reste.

L'école est obligatoire pour tous les enfants, sans condition de statut

C'est un point que beaucoup de familles ignorent : l'obligation scolaire ne dépend pas du statut de séjour des parents. Elle s'applique à tout enfant qui réside sur le territoire.

Le canton de Zurich l'écrit noir sur blanc : tous les enfants et adolescents en âge scolaire séjournant dans une commune zurichoise sont admis à l'école dès le début de leur séjour, indépendamment de leur statut. La loi genevoise vise « tous les enfants et jeunes en âge de scolarité obligatoire et habitant le canton », la loi vaudoise « tous les parents domiciliés ou résidant dans le canton ». Le critère est la résidence effective, pas le permis.

Gratuite, mais pas tout à fait sans frais

L'enseignement, les livres et le matériel scolaire sont gratuits dans le public. Ce qui reste à la charge des familles est encadré et modeste.

Dans le canton de Vaud, à la suite d'un arrêt du Tribunal fédéral de décembre 2017, les fournitures et les livres sont fournis par l'école depuis août 2019, et la participation parentale aux camps et voyages est plafonnée à 16 francs par jour. À Zurich, la participation aux repas est limitée à 10 francs par repas et 22 francs pour une journée complète. À Genève, l'école fournit livres, cahiers et matériel ; restent à la charge des parents les effets personnels — pantoufles, tablier, tenue de sport.

Deux postes échappent à cette gratuité partout : l'accueil parascolaire, payant, et bien sûr l'école privée, intégralement à la charge des familles.

Combien d'élèves fréquentent le privé

Beaucoup moins qu'on ne l'imagine de l'étranger. Pour l'année scolaire 2023/2024, 93,8 % des élèves de la scolarité obligatoire étaient scolarisés dans un établissement public, 4,5 % dans un établissement privé non subventionné et 1,7 % dans un établissement privé subventionné.

Autrement dit : en Suisse, l'école publique est le choix par défaut des familles suisses, y compris aisées, et elle est de bon niveau. Le privé répond à des situations particulières — séjour de courte durée, continuité d'un cursus étranger, internat, pédagogie spécifique — pas à une défaillance du public. Une famille qui arrive gagne à examiner sérieusement l'école du quartier avant de conclure qu'il lui faut du privé.

Et si l'enfant ne parle pas la langue

Chaque canton a son dispositif d'accueil pour les élèves allophones. À Genève, les classes d'accueil ; au primaire, l'enfant est scolarisé en classe ordinaire et suit un enseignement d'accueil à mi-temps, et l'information est disponible en quinze langues. Dans le canton de Vaud, trois dispositifs coexistent — cours intensifs de français, classes d'accueil et groupes d'accueil — pour une durée d'un an, exceptionnellement deux. À Zurich, c'est le Deutsch als Zweitsprache, dispensé en appui intégré ou en classe d'accueil, avec des effectifs de huit à quatorze élèves.

Un détail qui compte à Zurich et que personne ne dit aux nouveaux arrivants : au jardin d'enfants, on parle le suisse allemand, pas l'allemand standard.